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Presse · Juin 2022

Le Pèlerin , « Aux arbres, citoyens ! »

Peut-on encore sauver nos forêts des coupes rases ? Enquête du magazine Le Pèlerin sur les forêts menacées.

Une du magazine Le Pèlerin , Aux arbres, citoyens !

Peut-on encore sauver nos forêts des coupes rases ?

Alors que le réchauffement climatique fragilise ces réserves naturelles de biodiversité, les coupes rases s'y multiplient. Au grand dam des riverains. Comment lutter contre de telles pratiques ?

La protection, l'affaire de tous

Marguerite, Natacha et Emmanuel du GFC Lu Picatau en forêt en Dordogne
Marguerite, Natacha et Emmanuel, du Groupement forestier citoyen Lu Picatau en Dordogne, ont racheté des parcelles de forêt pour les protéger.

Dans certaines régions, des habitants décident même d'acquérir des parcelles de forêts pour les protéger et les gérer collectivement, en se réunissant en Groupements forestiers citoyens écologiques. En 2021, il en existait une dizaine sur le territoire, ils sont plus de vingt aujourd'hui. Lu Picatau, créé en 2020 en Dordogne, est l'un d'eux : « Aujourd'hui, avec 117 associés, nous gérons 50 hectares de manière raisonnée, grâce à un technicien forestier, un bûcheron, un débardeur à cheval… », explique Emmanuel Repérant, chef de projet dans l'informatique et gérant du groupement.

Des gestionnaires forestiers proposent aussi aux propriétaires privés de développer une approche durable. « Et ne venez pas me dire que ce n'est pas intéressant financièrement », tempête Évrard de Turckheim, expert forestier dans les Vosges, et président de Pro Silva France, association de forestiers pour une sylviculture mélangée. « Accompagner la diversité de la forêt, éclaircir, favoriser la régénération naturelle, introduire en petit nombre de nouvelles essences, et récolter régulièrement des arbres, sans dégarnir la forêt, c'est garantir sa résilience, sa meilleure adaptation aux changements climatiques et aux attaques parasitaires. »

Et le propriétaire de s'assurer aussi d'un revenu, tous les trois à cinq ans. Au lieu d'une fois tous les cinquante ans en cas de coupe rase. Ces méthodes font école , 30 % de la forêt française serait désormais gérée ainsi. Un nouveau plan d'aide de 500 millions d'euros est actuellement en discussion : espérons qu'il saura valoriser ces bonnes pratiques. La survie de notre forêt en dépend.